Racheter un salon de coiffure : prix, budget et étapes de la reprise

Le projet de Julien · Reprise d’un commerce

Racheter un salon de coiffure permet de reprendre une clientèle, une équipe et un local déjà aménagé. Mais un salon qui fonctionne aujourd’hui ne sera pas nécessairement rentable dans les mêmes conditions après le départ du vendeur.

Avant de vous engager, vérifiez qui fera revenir les clients, qui assurera l’activité, ce que permet le bail et combien coûtera réellement la reprise. Ce guide vous aide à poser les bonnes questions, du premier rendez-vous à la remise des clés.

Maître Jean-Florent MARTIN · Avocat au Barreau du Val-d’Oise · Cabinets à Ermont et Pontoise · Accompagnement dans toute la France

Les 4 vérifications avant de signer

La clientèle

Est-elle attachée au salon, au vendeur ou à une personne de l’équipe ?

L’exploitation

Qui assurera la qualification professionnelle et la continuité du service ?

Le bail

Le loyer, les activités autorisées et les travaux sont-ils compatibles avec votre projet ?

Le budget

Le financement couvre-t-il aussi les frais, le stock et la trésorerie de départ ?

Julien repère un salon de coiffure à vendre : par où commencer ?

Son premier travail consiste à rapprocher les chiffres annoncés de la réalité du salon : fréquentation, panier moyen, part des prestations techniques, ventes de produits, jours d’ouverture et répartition du chiffre d’affaires entre les membres de l’équipe.

Reprendre plutôt que créer peut permettre de démarrer dans un local équipé, avec une activité identifiable. En contrepartie, vous reprenez une organisation, des charges et, selon la situation, des contrats de travail que vous n’avez pas choisis. La reprise mérite donc autant de préparation qu’une création.

Pour le déroulement de la mission du cabinet, consultez notre page avocat en cession de fonds de commerce partout en France.

Cette page concerne principalement l’achat du fonds exploité par le salon. Si le vendeur propose les parts ou actions de sa société, l’analyse change : la société conserve son patrimoine et ses engagements, ce qui appelle un audit et des garanties adaptés.

Peut-on racheter un salon de coiffure sans diplôme ?

L’acquisition du salon et l’exercice de la coiffure sont deux questions distinctes. Une personne non qualifiée peut porter le projet d’achat, mais l’activité doit être exercée par une personne professionnellement qualifiée ou sous son contrôle effectif et permanent.

Pour la coiffure en salon, l’article R. 121-2 du Code de l’artisanat prévoit notamment le brevet professionnel, le brevet de maîtrise ou un diplôme ou titre de niveau égal ou supérieur pertinent. À défaut, l’article R. 121-3 prévoit une voie fondée sur trois années d’expérience professionnelle effective, dans les conditions qu’il fixe. Des règles de reconnaissance des qualifications peuvent également s’appliquer.

La question décisive : qui assurera ce rôle après la vente ? Si la qualification repose aujourd’hui sur le vendeur qui quitte le salon, il faut organiser son remplacement. La présence purement nominale d’une personne qualifiée ne suffit pas.

Réunissez les justificatifs et faites confirmer la situation par la Chambre de métiers et de l’artisanat avant de vous engager. Un CAP seul ne doit pas être assimilé au BP exigé par la voie du diplôme pour encadrer la coiffure en salon.

Comment évaluer le prix d’un salon de coiffure ?

Un pourcentage du chiffre d’affaires peut servir de comparaison, mais il ne suffit pas à justifier le prix. Deux salons réalisant le même chiffre d’affaires peuvent laisser des revenus très différents à leur dirigeant.

Les éléments à rapprocher avec votre expert-comptable
À analyserCe qu’il faut comprendreLe signal d’alerte
Chiffre d’affairesÉvolution sur plusieurs exercices et sur les derniers mois ; distinction HT/TTC et prestations/produits.Une baisse récente masquée par une moyenne ancienne.
ClientèleFréquence des visites, nouveaux clients, fidélisation et dépendance au vendeur.Un carnet d’adresses fourni, mais peu de clients actifs.
Rentabilité retraitéeRémunération du dirigeant, coût de son remplacement, charges de personnel et dépenses récurrentes.Un résultat séduisant qui suppose de travailler sans se rémunérer.
Local et matérielLoyer, charges, état des bacs et fauteuils, travaux et équipements à renouveler.Une remise en état importante absente du budget.
Capacité de remboursementTrésorerie disponible après rémunération, charges, investissements et échéances d’emprunt.Un financement équilibré seulement si le chiffre d’affaires augmente immédiatement.

L’expert-comptable examine les comptes et les hypothèses économiques. L’avocat vérifie les engagements juridiques susceptibles de modifier cette analyse : bail, contrats, personnel et conditions de la vente.

Qu’achetez-vous avec le fonds du salon ?

L’acte doit décrire précisément le périmètre de la cession. Tout ce qui se trouve dans le salon n’appartient pas nécessairement au vendeur, et tous les contrats ne se transmettent pas automatiquement.

Clientèle et identité du salon

Clientèle, enseigne, nom commercial, numéro de téléphone, nom de domaine et accès aux outils de réservation : identifiez les droits cédés et les démarches nécessaires à leur transfert.

Pour un salon franchisé, vérifiez séparément les conditions du réseau et l’accord éventuellement nécessaire du franchiseur.

Matériel et stock

Dressez un inventaire contradictoire : bacs, fauteuils, miroirs, sèche-cheveux, caisse et équipements. Contrôlez l’état, la propriété et les éventuels contrats de location ou de crédit-bail.

Comptez et valorisez séparément les produits repris ; vérifiez leur état, leur durée d’utilisation et les références réellement vendables.

Logiciels et données clients

Vérifiez avec les prestataires la reprise des abonnements, l’export des données et les accès. La transmission du fichier clients doit respecter le RGPD : licéité, information, sécurité, durées de conservation et droits des personnes.

L’achat du fonds ne constitue pas, à lui seul, une autorisation d’envoyer des campagnes de SMS ou de courriels publicitaires.

Prestations déjà encaissées

Recensez cartes cadeaux, forfaits prépayés, acomptes et avantages fidélité. Qui réalisera les prestations après la vente, alors que l’argent a déjà été encaissé ?

Prévoyez leur traitement dans l’acte et dans les comptes entre les parties, en tenant compte des droits des clients.

Et les dettes du vendeur ? L’achat du fonds n’emporte pas, par principe, reprise de l’ensemble de son passif. Il existe toutefois des obligations particulières, notamment sociales et fiscales, ainsi que des sûretés et des oppositions à traiter. Les garanties doivent correspondre à ces risques concrets.

Le bail commercial permet-il votre projet ?

Un salon peut perdre une grande partie de son intérêt si les conditions d’occupation sont mal évaluées. Examinez le bail complet, ses avenants et les actes relatifs à son renouvellement.

  • Activités autorisées : coiffure, vente de produits, barbier ou prestations complémentaires envisagées. Ne présumez pas qu’une activité nouvelle est autorisée.
  • Coût réel : loyer actuel, indexation, charges, taxe foncière si refacturée et dépôt de garantie.
  • Durée et renouvellement : date d’échéance, congés ou demandes déjà délivrés et risque d’évolution du loyer.
  • Conditions de cession : intervention du bailleur, agrément ou formalités prévus par le contrat, à apprécier au regard des règles applicables.
  • État des lieux et travaux : plomberie des bacs, production d’eau chaude, électricité, ventilation, accessibilité et sécurité du public.

La relecture du bail ne remplace pas un contrôle technique des installations. Faites chiffrer les travaux nécessaires par les professionnels compétents et précisez qui les prendra en charge.

Faire examiner le bail commercial et ses clauses.

Faut-il reprendre les salariés du salon ?

Lorsque les conditions de l’article L. 1224-1 du Code du travail sont réunies, les contrats en cours se poursuivent avec le nouvel employeur. Le repreneur ne peut pas simplement choisir les salariés qu’il souhaite conserver en écartant ce mécanisme.

Examinez les contrats et avenants, l’ancienneté, les rémunérations fixes et variables, la durée du travail, les congés acquis, les absences et les éventuels litiges. Vérifiez aussi les contrats d’apprentissage et la convention collective applicable.

Deux enjeux se cumulent dans un salon : le coût de l’équipe et son rôle dans la fidélisation. Le départ d’une personne peut affecter à la fois le chiffre d’affaires et l’organisation de la qualification professionnelle.

L’article L. 1224-2 doit également être pris en compte pour les obligations existant au jour du transfert. La répartition financière convenue entre vendeur et acquéreur ne doit pas être confondue avec les droits que les salariés peuvent faire valoir.

Quel budget prévoir pour racheter un salon de coiffure ?

Le prix du fonds n’est qu’une partie du besoin de financement. Ajoutez les frais de l’opération, les dépenses de démarrage et une réserve adaptée au prévisionnel.

Le budget fictif de Julien pour un fonds à 55 000 €
PosteHypothèse de décaissement
Prix du fonds, hors stock55 000 €
Droits d’enregistrement au tarif de droit commun960 €
Stock repris après inventaire2 000 €
Dépôt de garantie / compte avec le bailleur2 000 €
Provision illustrative : conseil, actes et formalités3 500 €
Travaux et renouvellement d’équipements5 000 €
Trésorerie de départ8 000 €
Besoin total dans cet exemple76 460 €

Les montants autres que le calcul des droits sont des hypothèses pédagogiques, et non des tarifs ou des devis du cabinet. Ils représentent des enveloppes de trésorerie à remplacer par vos montants réels, TVA comprise lorsqu’elle est facturée. Le traitement de la TVA et sa récupération éventuelle doivent être vérifiés. Ajoutez, le cas échéant, les frais d’intermédiaire, de banque, de garantie, de société ou de franchise.

Calcul des droits : pour une assiette taxable de 55 000 €, hors marchandises neuves traitées séparément et sans régime de faveur, le calcul est (55 000 € − 23 000 €) × 3 %, soit 960 €.

Apport, emprunt et aides éventuelles

Le montage peut associer apport personnel, prêt bancaire et, selon l’éligibilité du projet, prêt d’honneur ou autre dispositif d’accompagnement. Un crédit-vendeur peut aussi se négocier, avec un échéancier et des garanties adaptés. Aucune aide ne doit être considérée comme acquise avant sa confirmation.

Demandez à la banque quels postes elle accepte de financer. La condition suspensive de prêt devra correspondre au financement réellement recherché, notamment pour le montant, la durée, le taux et les délais de demande.

Comprendre les frais et honoraires liés à la cession.

Comment sécuriser la reprise, de la promesse à la remise des clés ?

  1. Vérifier avant de s’engager

    Réunissez les pièces et identifiez les points bloquants. Une offre ou une lettre d’intention peut déjà créer des engagements : son intitulé ne suffit pas à déterminer sa portée.

  2. Choisir l’acquéreur et organiser les démarches préalables

    Déterminez qui achètera le fonds et qui l’exploitera. Examinez l’information préalable des salariés lorsqu’elle est applicable et l’existence d’un droit de préemption commercial de la commune.

    Si une société doit acheter : faut-il la créer avant de signer ?

  3. Rédiger une promesse adaptée au salon

    Fixez le périmètre vendu, le financement, les conditions relatives au bail, la date de prise de possession et le sort de la somme éventuellement versée. Son montant et ses conditions de restitution doivent être définis ; un versement de 10 % n’est pas une règle universelle.

    Comprendre le rôle de la promesse ou du compromis.

  4. Préparer la continuité de l’activité

    Organisez les transferts de contrats et d’accès, l’inventaire, les prestations prépayées et les rendez-vous déjà pris. Négociez, si utile, un accompagnement du cédant dont la durée, les tâches et les conditions sont écrites. Adaptez la non-concurrence à l’activité, au territoire et à la durée nécessaires.

  5. Signer, publier et suivre le prix

    Après réalisation des conditions, signez l’acte et organisez l’enregistrement, les publicités légales, les formalités d’entreprise et le séquestre prévu. Les créanciers disposent de dix jours pour former opposition, à compter de la dernière des publications légales, en pratique celle au BODACC.

Le prix n’est pas automatiquement libéré au onzième jour. Il faut aussi traiter les oppositions éventuelles, les inscriptions et le risque de solidarité fiscale. La remise des clés et le paiement du vendeur suivent donc des calendriers distincts.

Comprendre le séquestre du prix et sa durée · Consulter le calendrier général d’une cession

Les documents à demander au vendeur

Avant de fixer définitivement le prix et les conditions, constituez un dossier qui permette de vérifier les points suivants.

Activité et rentabilité

  • Comptes et liasses fiscales des trois derniers exercices disponibles.
  • Chiffre d’affaires récent et ventilation prestations/produits.
  • Statistiques de fréquentation anonymisées et état des prestations prépayées.

Bail et locaux

  • Bail, avenants et documents de renouvellement.
  • Quittances, charges, dépôt de garantie et échanges importants avec le bailleur.
  • Documents disponibles sur la sécurité, l’accessibilité et les travaux.

Équipe et qualification

  • Contrats, avenants et bulletins de paie nécessaires à l’audit.
  • État des congés, rémunérations variables et contentieux éventuels.
  • Justificatifs de qualification de la personne qui encadrera l’activité.

Biens et engagements

  • Inventaire du matériel, factures et contrats de location.
  • Contrats de réservation, caisse, téléphonie, franchise et maintenance.
  • État des inscriptions et nantissements ; éléments sur la conformité du fichier clients.

La communication des pièces doit être proportionnée et sécurisée. Une première analyse de la clientèle peut se faire à partir de données agrégées, sans remise immédiate de fichiers nominatifs.

Questions fréquentes sur le rachat d’un salon de coiffure

Quel est le bon prix pour acheter un salon de coiffure ?

Il n’existe pas de prix unique. Le chiffre d’affaires doit être rapproché de la rentabilité après rémunération du repreneur, du loyer, de l’équipe, du matériel et des travaux. La dépendance de la clientèle au vendeur peut fortement modifier l’intérêt de l’opération.

Peut-on reprendre un salon sans être soi-même coiffeur ?

Oui, sous réserve d’organiser une exploitation conforme : l’activité doit être exercée par une personne qualifiée ou sous son contrôle effectif et permanent. Il faut vérifier qui assurera ce rôle après le départ du vendeur et sur quels justificatifs.

Peut-on acheter le salon sans reprendre les salariés ?

Vous ne pouvez pas écarter le transfert des contrats par une simple clause lorsque les conditions de l’article L. 1224-1 du Code du travail sont réunies. La situation de l’équipe doit être examinée avant de fixer le budget et les conditions de la vente.

Peut-on reprendre un salon sans apport personnel ?

Cela dépend du financement obtenu, des garanties et de la solidité du projet. Un montage sans apport ne supprime pas le besoin de financer les frais et la trésorerie. Un prêt d’honneur, une aide ou un crédit-vendeur éventuel doivent être étudiés, sans présumer de leur accord.

Combien de temps faut-il pour racheter un salon ?

Le délai dépend notamment de l’obtention du prêt, du bail, de l’éventuelle préemption communale et des démarches préalables applicables. Fixez un calendrier réaliste dans la promesse. La date de début d’exploitation ne se confond pas avec la date de libération du prix au vendeur.

Le vendeur peut-il ouvrir un autre salon à proximité ?

La garantie légale d’éviction protège l’acquéreur contre certains agissements du vendeur. Une clause de non-concurrence adaptée peut préciser la protection recherchée ; elle doit être justifiée et proportionnée, notamment quant à l’activité, à la durée et au territoire. Un rayon standard n’est pas adapté à tous les salons.

Avant votre offre ou votre promesse

Vous avez trouvé un salon à reprendre ?

Le cabinet peut examiner le bail et le projet de vente, vous conseiller sur les conditions de reprise et intervenir dans la rédaction des actes, le séquestre et les formalités selon la mission convenue.

Pour un premier échange, indiquez la commune, le prix envisagé, la présence de salariés, votre financement et le calendrier souhaité.

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Maître Jean-Florent MARTIN · Avocat au Barreau du Val-d’Oise depuis 2009 · Ermont et Pontoise · Rendez-vous en visioconférence possibles

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